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Charles Vermot, le sauveur d’El Primero

Charles Vernot et le mouvement El Primero

zenith retire le mouvement el primero

En 1976, Zénith, racheté par les Américains, décide de retirer le mouvement automatique El Primero pour faire place aux mouvements à quartz. À la suite de cette nouvelle, Charles Vermot, chef de fabrication des ébauches, décide de rédiger une lettre pleine de bon sens qu’il envoie à ses supérieurs. « Sans être contre le progrès, je constate que le monde est ainsi fait. En ce sens qu’il a toujours des retours en arrière. Vous avez tort de croire en l’arrêt total du chrono mécanique automatique. Aussi, je suis persuadé qu’un jour, votre entreprise pourra bénéficier des lubies et modes que le monde a toujours connus »  Malheureusement, personne ne répondra favorablement à sa requête. Il décida alors de rentrer en résistance. Rappelons qu’il s’agit du premier chronographe automatique de l’histoire de l’horlogerie !   

El primero de Zénith, le premier chronographe automatique du monde

Un trésor caché dans le grenier

L’atelier 4 de la manufacture regorge de trésors accumulés depuis le lancement du projet El Primero dans les années 1960 jusqu’à sa mise en production à partir de 1969. Dans les classeurs, chaque esquisse et chaque annotation constituent autant de sources pour développer le mouvement.

Dans cette pièce, plus de 150 étampes, des cames, des outils de coupe, mais aussi des plans techniques essentiels à la fabrication du El Primero sont regroupés. Pour Charles Vermot, l’objectif est clair : dissimuler cette tonne d’acier et de papier et la consigner consciencieusement dans les mansardes de la manufacture. Il a la conviction qu’un jour, les mouvements mécaniques seront à nouveau appréciés par les amateurs d’horlogerie. 

Mouvement automatique El Primero

Le retour aux sources

L’opération est alors menée en toute discrétion avec de multiples allers-retours en direction du grenier. Une fois l’ensemble mis à l’abri, l’horloger prend même le parti de condamner la porte des combles. Le temps aurait pu jouer contre lui et le grenier devenir des oubliettes.

Cependant, en 1984, sa clairvoyance est récompensée. Six ans plus tôt, Zenith a changé de main au profit d’un consortium mené par Paul Castella. Celui-ci oriente la production de la manufacture dans une toute autre direction avec un retour aux sources. Ce choix stratégique sonne le retour de la production de montres à mouvement mécanique. Pour Charles Vermot, il est temps d’avouer son stratagème. La production du mythique chronographe est relancée. En 2019, le jubilé du El Primero donne l’occasion de mettre en exergue cet acte de rébellion qui s’est métamorphosé en acte de bravoure.

Montre Zenith Flyback avec bracelet en cuir